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Kassory lance une campagne d’assainissement à Conakry : assez d'hypocrisie, jouons cartes sur table.


La question de l’insalubrité à Conakry à l’instar des autres villes africaines est une problématique partagée. Aujourd’hui, la capitale guinéenne se trouve dans une insalubrité incroyable qui nécessite une réflexion assez approfondie plutôt qu’une politique hypocrite qui s’est hélas montrée vaine par le passé.
Et en dehors de tout discours grandiloquent vis-à-vis du régime en place, la recherche d’une solution durable semble la plus appropriée. La campagne d’assainissement dénommée’’campagne d’urgence’’ lancée ce samedi 9 juin 2018 à Conakry par le nouveau premier ministre Ibrahima Kassory Fofana reste dans les sillons trancés par ses prédécesseurs.
Des campagnes peu sérieuses sinon hypocrites qui ne sont plutôt que du trompe-l’œil.
A en croire le premier ministre, l’objectif est d’éliminer la soixantaine de points sauvages de décharge des ordures. Et en donnant le coup d’envoi dans les quartiers de Cobaya, de Cosa et de Coléah, Kassory Fofana ambitionne résoudre le problème en un mois en mobilisant une centaine de jeunes par localité. Soyons sérieux !

Aujourd’hui, tous les spécialistes du développement durables s’accordent à dire qu’il faille mettre en place une stratégie qui consiste à résoudre ce problème dans les différents maillons. Dans un premier temps au niveau des ménages, dans un second, dans les zones de transit et dans un troisième temps au niveau de la décharge.
Dans les ménages, nous avons plusieurs agents qui sont sur le terrain de manière informelle qui interviennent mais dont les interventions ne sont pas efficaces. Il faut identifier ces agents, les regrouper, les former.
Au niveau des zones de transit, il faut les identifier, qu’elles soient autorisées ou non.
La mise en place d’une veritable brigade sanitaire qui va veiller au respect des règles semble être une bonne solution.
La gestion des ordures nécessite des moyens et ce n’est pas les fonds alloués de façon ponctuelle au gouvernement par l’union européenne qui pourront nous sortir d’affaire.
Les déchets ne se sont pas entassés en un seul jour. C’est une accumulation. Chaque citoyen de la ville de Conakry produit quotidiennement près de 0,75 kg d’ordures selon nos informations. Nous produisons plus de 1000 tonnes de déchets par jour à Conakry. Et si vous estimez les moyens dont dispose la ville pour évacuer ces déchets, ils sont de 30%. Ce qui veut dire que chaque jour, il y a 70% de déchets qui sont accumulés. Et la soi-disant décharge finale de Dar es Salam dans la banlieue de Conakry, censée être délocalisée, est quasiment inopérationnelle.
La meilleure solution est la mobilisation des moyens déjà disponibles. Ensuite, la constance, la permanence dans le travail.
Aussi, il faut développer des techniques de valorisation. Lorsque vous regardez les caractéristiques des déchets de la ville de Conakry, plus de 30% sont des déchets plastiques.
Il faut donc développer des techniques de valorisation de tri. Et ces tris, on peut les faire au niveau des centres de transit. Lorsque le mécanisme s’installe, il faut aller au-delà.
Au niveau des ménages, cela permettra d’avoir moins de déchets dans la ville. Puis, on aura fait une économie de transport. Sur 1000 tonnes de déchets à évacuer par jour, nous serons amenés à évacuer 200 à 300 tonnes.
Il y a une mauvaise habitude qui s’est installée dans la capitale guinéenne. Le changement de comportement ne se fera pas en un jour. Néanmoins, il faut mettre en place une dynamique de communication et de sensibilisation.

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